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Le témoignage de Mariko Benson

Je suis née et ai été élevée au Japon et eus la vie très ordinaire d’une fille heureuse. Mon environnement familial, mes relations avec mes amis et au travail furent tous sans manques ou épreuves significatives. Cependant, au plus profond de mon cœur, j’avais une pensée tannante, « Est-ce là ce dont la vie s’agit ? » Je pensais parfois que peut-être ma recherche de quelque chose de plus dans la vie était due au fait que je n’avais pas une carrière significative ou que je n’étais pas mariée, ou à d’autres raisons qui sont communes dans le monde. Aucune de ces raisons, cependant, ne répondait de façon satisfaisante à la question de savoir pourquoi j’étais insatisfaite.

Bien que je fusse satisfaite de ma vie, quelque chose manquait. C’était comme de verser de l’eau dans une barrique percée. Lorsque j’éprouvais de la satisfaction dans ma vie de tous les jours, il me semblait que la barrique était temporairement à moitié remplie, mais en fin de compte, elle se vidait toujours. J’avais quelques luttes dans ma vie qui, selon ceux qui m’entouraient, étaient dues au fait que j’étais trop « ambitieuse et voulais trop en faire », mais au plus profond de moi, j’avais une certaine attente ou une soif qui me disait qu’il devait y avoir quelque chose de plus dans la vie. Cela dura jusqu’à ce que je rencontre Dieu.

Rencontre avec la Réalité

Ma rencontre avec Dieu commença lorsque je rencontrai un Canadien nommé Mark Benson. Durant l’été 1997, Mark fut engagé pour travailler comme traducteur pour une conférence internationale que le groupe de conservation de la nature pour lequel je travaillais accueillit et qu’il me fut donné d’organiser. Alors que nous faisions les trajets ensemble, Mark parlait de ce que la vie était, de la Vérité et de l’existence de Dieu. Pour moi, c’était une conversation nouvelle qui eut un profond impact sur moi. Ce qu’il décrivait avait un accent de vérité et je ressentis que l’étendue de mon monde inconnu se propagea à partir de là. Je pus enfin croire qu’il y avait des réponses réelles à des questions auxquelles j’avais pensé depuis longtemps telles que : « En quoi l’existence humaine consiste-t-elle ? » et : « Pourquoi vivons-nous? ». J’avais lu différents livres de philosophie, mais ils n’avaient jamais de réponses certaines à ces questions. Maintenant enfin, je ressentais qu’il y en avait.

Mark et moi sommes restés amis après la conférence et, l’année suivante, il obtint un emploi pour une foire d’ingrédients d’alimen- tation naturelle à Tokyo. Mes parents lui offrirent le séjour, ce qui était une chose sans précédent. Mes parents sont des gens très occupés et ils n’avaient presque jamais permis qu’aucun de mes amis ne loge chez nous et cependant, cette fois-ci, ils l’invitèrent. La seule chose que je peux en conclure est que Dieu fournit cette opportunité.

Tous les jours, Mark fit les trajets avec moi dans le train bondé de Tokyo et il me parla du sens de la vie et de la Vérité. Bien que je ne pusse pas nier la vérité de bon nombre des choses qu’il disait, je reculais à chaque fois qu’il parlait de Dieu et tentais de maintenir mes distances vis-à-vis de lui et de son message. Tout comme de nombreux Japonais, j’étais allergique à la religion. Je croyais qu’un Occidental parlait de christianisme pour de simples raisons culturelles. Cependant, il me fit remarquer que la religion et la croyance en Dieu sont des choses complètement différentes. J’étais perplexe parce que je ne pouvais pas confiner ce qu’il me disait dans le même moule que les choses qui avaient du sens pour moi. Le Seigneur m’a maintenant montré qu’Il hait les religions et que la Vérité universelle et immuable n’est pas différente pour chaque culture.

Bien que les Japonais prétendent être non-religieux ou négatifs envers la religion, ils célèbrent la naissance avec la tradition shintoïste de Omiyamairi, ils se rendent dans des lieux de pèlerinage shintoïstes ou au temple bouddhiste pour prier pour la santé des enfants qui ont trois, cinq et sept ans au jour du festival Shichigosan, ils mêlent la cérémonie de mariage bouddhiste avec les cérémonies de mariage « chrétiennes » et ils marquent habituellement la mort par une cérémonie funéraire bouddhiste. Lors des funérailles, ils payent des sommes d’argent énormes au temple pour donner un nouveau nom aux morts et leur fournir un passeport d’indulgences pour leurs péchés, pour qu’ils puissent traverser le Sanzu - la rivière des morts - afin qu’ils complètent la mort et accèdent au Paradis. Lors du Nouvel An, la plupart se rendent au lieu de pèlerinage ou au temple pour hatsumode, la première visite de l’année, après hatsuhinode, le premier lever de soleil de l’année, tout en célébrant Noël et en s’offrant des chocolats pour la Saint Valentin. Alors que ceci est clairement déroutant et en contradiction avec l’idée de n’avoir aucunes croyances supranaturelles, la seule chose qui importe est de faire la même chose que tout le monde. Lorsque je rencontrai Mark et l’entendis parler de la Vérité, je commençai à fortement ressentir que je voulais commencer à vivre sans avoir peur d’être différente des gens qui m’entouraient et arrêter de simplement faire comme tout le monde.

Je ne remettais pas seulement en question ce qui se trouve ci-dessus. Je pensais à des aspects de ma vie de tous les jours ainsi qu’à la relation que j’avais avec mon petit ami. Depuis longtemps, j’avais senti qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas mais, ne sachant pas ce que c’était, je poursuivis dans le statu quo. Au fond de moi j’avais un sentiment de culpabilité envers mes parents à cause de ma relation avec lui.

Mark me parla du mal commis lorsque l’on sort avec quelqu’un sans avoir l’intention de se marier. Il dit aussi à quel point c’était mal aux yeux de Dieu d’avoir des relations sexuelles avant le mariage, même avec l’intention de se marier. Lorsque Mark me dit cela (sans savoir que j’avais un petit ami), je me rendis compte de la raison pour laquelle je me sentais coupable. Je n’avais pas l’intention de me marier, et faisais ce qui me plaisait, passant la nuit chez lui et ayant des relations sexuelles. En conséquence, j’étais toujours inquiète, « Que ce passera-t-il si je tombe enceinte ? » Au-delà de ces inquiétudes physiques, je vois maintenant que je portais le fardeau de la conscience de mon péché, utilisant mon corps selon les caprices de mes émotions et de mes désirs. Cependant, j’avais aussi mes excuses telles que : « Je l’ai présenté à mes parents », ou, « Tout le monde le fait », ou « Je suis suffisamment âgée », ou « J’ai des sentiments pour lui », etc. avec lesquelles je m’abusais.

Nos problèmes n’étaient pas limités au niveau physique ; il y avait aussi des problèmes au niveau mental et, en me retournant mainte- nant sur la situation, je peux dire au niveau spirituel. Bien que nous eussions du plaisir à parler de nos intérêts communs ou à sortir, le sentiment d’insatisfaction avec ma vie ne disparut jamais. Cependant, sans exprimer cela à mon petit ami, je continuai à choisir de vivre dans un monde de rêve de romance. Cela mena à une accumulation d’insatisfaction en moi et une attitude et conduite égoïstes à son égard en découlèrent. Donc, sans honnêteté, nous avions des conversations à propos de notre futur ensemble et avons continué à avoir des relations sexuelles dont, étant donné que je suis maintenant de l’autre côté et mariée dans le Seigneur, je vois qu’elles étaient tellement contre-nature. Après avoir réfléchi à tout cela, je décidai de rompre avec lui.

Lorsque je regarde dans le passé et considère toutes les relations que j’ai eues avec mes petits amis, je vois qu’elles causent beaucoup de mal, dans le corps et dans le cœur. Aujourd’hui, dans la société japonaise, de telles relations sont la norme, et personne ne les critique. Cependant, dans la perspective de Dieu, et dans le royaume de la Vérité, c’est mal. Après une action irresponsable et une mauvaise action, il y a toujours un prix à payer.

Ignorant l’opposition de mon père, je partis en voyage aux États-Unis avec le petit ami mentionné plus haut. Nous nous sommes disputés durant l’entièreté du séjour. A la fin, lorsque nous avons rompu, j’ai réalisé que nous n’avions fait que de causer de profondes cicatrices l’un pour l’autre. Le plus souvent, lorsque l’on s’oppose à ses parents, c’est à leur autorité donnée par Dieu que l’on s’oppose (« Honore ton père et ta mère. » Exode 20, 12.) et on va souffrir à cause de cela. Le courroux de Dieu reposait sur notre désobéissance à Ses Lois et voies.

Aux environs de ce temps-là, je fis un rêve à propos d’un corbeau. Dans le rêve, j’ignorais pourquoi, mais j’avais tué un corbeau et cherchais un moyen de me débarrasser du corps ensanglanté. Tout d’abord, je le mis dans une boîte en carton et allais le brûler, mais j’étais inquiète à propos des dioxines qui allaient être libérées et donc je ne le fis pas. Je me rendis sur un chantier de construction et allais le jeter dans un trou, mais j’avais peur que quelqu’un ne le trouve et donc je ne le fis pas. Alors, du sang commença à s’échap- per de la boîte et j’avais peur que quelqu’un ne le remarque. Ce rêve en disait long sur ce qui se passait en moi en ce temps-là.

L’année où je rencontrai Mark, je me rendis dans une librairie et achetai une Bible, par curiosité. J’avais une fois entendu dire que les catholiques lisaient l’Ancien Testament et que les protestants lisaient le Nouveau Testament, mais étant donné que je ne faisais partie d’aucune église, je ne savais pas où je devais lire. Mark me dit que la Bible n’avait aucun rapport avec la religion ou les confessions religieuses (en fait, la Bible condamne cette sorte de religion) et que la Bible était composée des Ancien et Nouveau Testaments qui étaient un récit de choses qui s’étaient vraiment passées. Donc, je commençai ma lecture à l’Ancien Testament. C’était rempli de nombres et racontait les relations familiales de beaucoup de gens dont les noms ne m’étaient pas familiers et avaient l’air étrangers ; il y avait de nombreuses parties que je ne comprenais pas et qui semblaient ne jamais finir. Il y avait des descriptions de diverses batailles et de gens qui mouraient ou se tuaient l’un l’autre, avec des mots tels que « sacrifices » et « sang » qui ne semblaient pas très doux ou paisibles et donc, ce n’était pas une lecture agréable pour le pacifiste que j’étais.

La Bible, cependant, n’a pas été écrite pour être agréable (bien que, pour ceux qui croient, elle soit agréable dans le plus vrai et profond sens du mot), mais bien en tant qu’un récit historique avec une instruction spirituelle pour rendre les gens conscients des consé- quences de leurs péchés, avec l’intention de nous amener à la repentance et à la vie. Pour moi en ce temps-là, lire la Bible n’était rien de plus que l’étude d’une des nombreuses religions avec quelques leçons à tirer, mais rien de plus profond que cela. C’était principalement quelque chose originaire d’un pays étranger, et qui s’était passé il y a longtemps, très loin de moi. Je ne croyais pas que j’avais des péchés dont je devais me repentir.

La repentance du péché

Cependant, j’avais non seulement des péchés, mais de nombreux péchés. Un de ces nombreux péchés était l’égoïsme dont je faisais preuve en ne tenant pas compte de la volonté de Dieu. Lorsque ma relation avec Mark dépassa le niveau de la simple amitié, je ne voulais pas considérer ce que la volonté de Dieu était, mais étais plutôt fortement poussée par mes émotions. Lorsque Mark rentra au Canada après l’obtention de son diplôme, je lui rendis visite à l’endroit où il vivait et travaillait, dans une ferme biologique appelée Harvest Haven, dont le propriétaire était un croyant et un serviteur de Dieu. Je m’y rendis avec l’espoir ou l’attente que nous nous marrions.

Cependant, peu de temps après mon arrivée à la ferme, je réalisai que l’image de la ferme que je m’étais faite n’était rien de plus que mon imagination. Ce n’était pas une sorte de pays de rêve où les petites filles peuvent venir jouer. Les gens de la ferme et les événements qui s’y déroulaient étaient aux antipodes de l’image qui est communément dépeinte de jardins de roses et de l’amour « chrétien » qui plane complètement.

J’entendais constamment Mark dire combien il est important de faire non pas ce que nous voulons, mais ce que nous devons faire ; ne pas faire notre volonté, mais nous soumettre à la volonté de Dieu. Cependant, comment savoir ce que la volonté de Dieu est pour vous ? Sans recevoir le don de la foi de la part de Dieu, savoir cela est impossible. En ce qui me concerne, au travers d’un long, long processus, une réponse me fut donnée de la part de Dieu à de nombreuses occasions (parfois de façon directe et parfois au travers de Mark et des autres croyants). Si j’acceptais ce qui m’était dit, mon cœur était rempli de reconnaissance, mais si je le rejetais, je passais par des moments difficiles.

En face d’une telle approche directe de la réalité, ma détermination était secouée. J’en conclus que la route que j’avais empruntée en venant au Canada, avec l’espoir d’épouser Mark, était trop acciden- tée et abrupte pour moi. Il devint clair pour nous deux que nous avions forcé notre volonté en continuant une relation romantique entre nous plutôt que de rechercher la volonté de Dieu. Pour ma part, c’était un vexant délai de nos plans. Une fois que j’eus découvert que le Mark que j’aimais et voulais épouser et le Dieu en Qui je croyais que je voulais croire, n’allaient pas être facilement obtenus, je fus déçue et perdis de mon enthousiasme. J’avais terriblement envie d’échapper à la réalité, et en vins à une rapide conclusion que le mariage était hors de question et retournai au Japon.

L’année suivante, je fus sélectionnée pour assister à une conférence à l’étranger. Lorsque j’appris qu’elle allait être tenue au Canada, je sus que le temps était à nouveau venu de visiter la ferme. Je persuadai mon patron de me permettre de prendre 10 jours supplémentaires pour pouvoir aller à Harvest Haven. Pouvoir prendre autant de jours de congé au Japon était une rareté, je ne peux donc que remercier Dieu d’avoir ouvert cette nécessaire avenue pour moi.

En revisitant Harvest Haven, alors que je faisais face à leur mode de vie d’honnête franchise et de croyance en Dieu, je pensais : « Je ne saurais pas faire ça. » Cela avait l’air admirable de dire avec ma bouche : « Je veux connaître la Vérité, » mais lorsqu’il s’agissait d’être honnête avec et à propos de moi-même et la sorte de personne que j’étais, ce n’était pas si facile.

Lorsque ma visite à la ferme fut terminée, il y avait une voix en moi qui se faisait de plus en plus forte et qui désirait un mode de vie plus libre. J’étais assez soulagée de pouvoir m’enfuir de l’inconfort d’avoir à me faire face. Je sentais que même le fait de manger de l’alimentation biologique était un mode de vie trop propre et trop beau à mon goût, et je voulais quelque chose de plus sale, tant physiquement que spirituellement, tels que des snacks sans valeur nutritive. Tout ce que je voulais était d’oublier tout ce qui se rapportait à la ferme et aller à ma conférence et prendre les choses comme elles venaient.

Lorsque je rencontrai mes collègues du Japon et les personnes qui étaient venues d’autres pays, je ressentais que je voulais m’amuser autant que possible. Je pensais : « Peu m’importe Dieu, je veux seulement faire ce que je veux comme je le veux. Personne de la ferme n’est ici ; je peux faire tout ce que je veux sans que personne ne le sache. » Je sortis et achetai des chips non biologiques et les mangeai. Je me souviens avoir trouvé que le goût des saveurs artificielles me rappelait curieusement quelque chose et je dévorai le tout avec plaisir. Durant une soirée organisée pour les participants de la conférence, je me suis vraiment libérée, passant tout mon stress. L’apogée de cela fut un incident durant lequel un participant d’un autre pays finit par me violer.

J’étais choquée que cela puisse m’être arrivé. J’étais paniquée et ne savais pas quoi faire. C’est aux environs de ce moment-là que je relevai mes emails. Il y avait un email de Mark. Il écrivait que son frère aîné Trevor avait fait un rêve à mon sujet dans lequel j’avais mangé trop de snacks sans valeur nutritive, étais tombée mortel- lement malade, et avais été transportée à l’hôpital. En pleurs, Mark se rendit à l’hôpital pour essayer de m’aider. Il me demandait dans la lettre : « Que ce passe-t-il ? ». Lorsque je lus cet email, je suis presque tombée de ma chaise de surprise. J’avais la nausée et ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. Les conséquences d’avoir paradé, montrant combien il était facile d’échapper à Dieu étaient exactement comme le rêve de Trevor le montrait, je me sentais mortellement malade. Dieu était en colère contre moi. C’est alors, pour la toute première fois, que je reconnus que j’avais complè- tement et inconditionnellement tort. J’éprouvais des regrets du plus profond de mon cœur pour ce que j’avais fait et je voulais me repentir.

Dieu m’avait enseigné une dure leçon. On ne peut pas duper Dieu, où que vous soyez, quoi que vous fassiez.

Mon effort par opposition à l’œuvre de Dieu

Environ sept mois après ma conférence et ce qui s’y était passé, sentant que je ne voulais plus jamais faire le même genre d’erreur, je décidai de quitter mon emploi et d’aller au Canada, pour séjourner à Harvest Haven pour un an. J’espérais que, en faisant cela, je serais capable d’arriver à croire en Dieu, que j’aurais mes péchés lavés, et que je deviendrais une personne « droite ».

Afin de devenir « droite », je devais d’abord en arriver à savoir où j’avais tort. Vu qu’il n’y pas une seule personne qui soit droite, si quelqu’un a une quelconque droiture, elle doit venir de Dieu, et il faut savoir qu’il est impossible de le faire de soi-même. Plus je pensais que je pouvais être « droite » de moi-même, plus je finissais par échouer dans mes tâches à la ferme. Petits échecs, gros échecs, on ne peut les dénombrer. Ma fierté criait. Je n’avais aucune idée que d’accepter là où j’avais tort serait si difficile ! Je résistai et me rebellai contre les gens de la ferme, spécialement Mark et sa mère Lois. Je croyais que j’étais cette pauvre petite chose que personne ne comprenait. Je m’enterrai dans ma coquille. C’est aux environs de ce moment-là que Lois reçut des mots pour moi de la part du Seigneur : « Ne ferme pas la porte. » Je savais que ces mots venaient du Seigneur, et je m’en rappelle encore de façon très claire maintenant.

Un jour, tôt dans l’après-midi, Victor, le propriétaire de Harvest Haven et croyant en Dieu, me posa une question. « Mariko, es-tu venue ici pour apprendre quelque chose ? » Pensant que je devais faire montre d’un certain enthousiasme, je répondis « Oui » de façon énergétique. Il poursuivit : « Si tu veux apprendre quelque chose ici, il faut tout d’abord que tu vides ta coupe. Si la coupe en toi est pleine d’une eau qui a ta couleur, alors une autre eau colorée ne peut pas y être ajoutée. »

Victor me fit lui lire à voix haute, dans une Bible en japonais, le premier chapitre de Jean. Étant donné que Victor ne comprend pas le japonais, je commençai à lire d’une voix hésitante :

Jean 1, 1-5.
(1) Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.
(2) Il était au commencement avec Dieu.
(3) Toutes choses ont été faites par Lui, et sans Lui rien de ce qui a été fait n’a été fait.
(4) En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
(5) Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise.

En lisant ces versets, je commençai à pleurer de façon incontrôlable. Je n’avais absolument aucune idée de ce qui se passait en moi excepté que je réalisai que tout avait commencé en Dieu ; Dieu avait tout créé et j’en faisais partie. J’eus la pensée que si je vidais la coupe en moi qui portait l’étiquette « moi », peut-être y avait-il une vie complètement différente qui m’attendait.

Un autre jour, je rendis une visite à Victor chez lui et nous sommes tous les deux allés faire une promenade. Au sommet d’une colline, Victor pointa une mauvaise herbe du doigt et dit : « Cette mauvaise herbe est consommée par un insecte et puis l’insecte est consommé par un oiseau. De la même façon, Dieu nous consomme. » C’est alors que je réalisai une autre chose. Jusqu’à ce moment-là, j’avais souvent déclaré que la structure du monde était « injuste » et j’avais de nombreux sentiments de colère, plus que les autres. Je pris position contre des problèmes tels que la discrimination des minorités. La raison pour laquelle j’avais travaillé pour un groupe de conservation de l’environnement était parce que je voulais avoir raison. Lorsque j’étais une étudiante, nous devions faire des dissertations à sujet ouvert, et mon focus était sur les problèmes de discrimination ou de guerre et de paix. J’avais toujours le senti- ment : « Je ne vais pas pardonner les choses qui ne vont pas », y compris dans ma relation avec mes parents, étant particulièrement rebelle envers ma maman, me fâchant contre elle lorsqu’elle n’était pas d’accord avec moi, me disputant souvent avec elle jusqu’à ce qu’elle soit d’accord.

Tous mes points de vue entêtés et mon soi-disant sens commun furent mis dessus-dessous et semblèrent se dissoudre avec les mots de Victor à propos du fait que nous sommes consommés. Dieu a créé ce monde. Dieu contrôle autant le bien que le mal dans ce monde. Tout comme dans le cas d’une guerre, même si cela peut sembler être une mauvaise chose, tout fait partie de Son plan. Le mot « injuste » ne vient que de la façon dont les humains voient le monde, mais tout a toujours une raison. Par exemple, je m’étais toujours battue de façon tenace pour les droits des femmes et l’égalité des sexes, mais dans la Bible, il est dit que les femmes doivent se soumettre aux hommes et les hommes à Dieu. Toute la confusion dans le monde d’aujourd’hui vient d’un manque d’ordre, pas d’injustice. De façon semblable, les problèmes dans le système éducationnel aujourd’hui ne viennent pas du fait que les droits des étudiants ont été érodés, mais du fait que l’autorité des enseignants a été érodée.

La croyance que Dieu existait et qu’Il contrôlait ma vie avait commencé à germer en moi. Pour la première fois, je fis l’expé- rience de voir les événements de tous les jours avec les gens de la ferme du point de vue de Dieu. Je vis les événements qui s’étaient passés auparavant sous un jour complètement différent. Cependant, j’étais incapable de voir les choses qui se passaient à ce moment-là dans ma vie sous le même jour. C’était une preuve évidente que ma foi n’était pas réelle. Je voulais croire en Dieu et essayais de prétendre, mais c’était impossible. Il n’y a que Dieu qui puisse accorder la foi. J’ai fait l’expérience directe du fait qu’il n’y a rien que vous puissiez faire de vous-même en vue de recevoir la foi.

Il me semblait que j'étais à peine arrivée à traverser cette année-là à la ferme. Plutôt que d’être reconnaissante, les turbulences de tous les jours m’avaient fatiguée de façon croissante et mon sentiment d’être une victime s’accrut. C’est comme s’il y avait deux différentes personnes en moi. Une croyait en Dieu et l’autre doutait. Ces deux personnes se battaient constamment et donc, ne sachant pas comment résoudre ce conflit, j’étais soulagée de simplement me retirer au Japon.

Victor me cita des versets des Écritures juste avant que je ne parte, et ils pénétrèrent et restèrent dans mon cœur :

Jérémie 29, 11-14.
(11) Car Moi Je connais les pensées que Je pense à votre égard, dit Jéhovah, pensées de paix et non de mal, pour vous donner un avenir et une espérance.
(12) Et vous M'invoquerez, et vous irez, et Me supplierez, et Je vous écouterai ;
(13) et vous Me chercherez, et vous Me trouverez, lorsque vous Me rechercherez de tout votre cœur,
(14) et Je Me ferai trouver par vous, dit Jéhovah ; et Je rétablirai vos captifs, et Je vous rassemblerai d'entre toutes les nations et de tous les lieux où Je vous aurai chassés, dit Jéhovah, et Je vous ferai retourner au lieu d'où Je vous ai transportés.

Le Salut de Dieu

Après mon retour au Japon, je commençai à travailler pour un magasin d’alimentation biologique. Bien que cela semblait être l’emploi idéal, vendre de la nourriture qui est bonne pour la santé des gens, ma propre santé n’était pas bonne parce que, même si je mangeais de la bonne nourriture, je manquais de paix dans mon cœur. Bien que je fusse entourée par des collègues, des amis et ma famille avec lesquels j’étais très proche, de même que toute la nourriture biologique et les choses saines que je pouvais désirer, je n’avais jamais une vraie satisfaction venant du fond du cœur. Ayant déjà entendu la Vérité une fois et ayant vu la Lumière, j’avais un sens, au point que cela faisait mal, que je ne pourrais jamais plus m’adapter aux ténèbres du monde.

Lié à ceci, à un moment donné après mon retour, j’eus une vision. Il y avait un grand navire de passagers blanc qui attendait de quitter la baie. Le navire attendait que quelqu’un de plus monte à bord et je savais que j’étais celle qu’il attendait. Je me demandais si je devais monter à bord ou non, mais je savais dans mon cœur que je devais y aller. Sur le moment, je ne savais pas ce que la vision signifiait, mais j’allais bientôt le savoir.

Ceci peut sembler hypocrite après avoir dit que je ne pouvais pas m’adapter aux ténèbres du monde autour de moi, mais à cause d’un sentiment de solitude, je fus près d’avoir une affaire avec un homme marié. C’est en plein milieu de tout cela que j’écrivis une lettre à Victor et Mark, demandant de l’aide.

Victor répondit peu après. Il écrivit : « Mariko, il me semble que si tu ne fais pas quelque chose, tu vas périr là avec ton mode de vie, ton environnement et toutes les ténèbres qui t’entourent et t’étouffent. Voudrais-tu revenir à Harvest Haven pour un temps, pour autant que Dieu le veuille ? »

Aussitôt que je lus cette lettre, je commençai à pleurer de façon incontrôlable et, en même temps, j’avais la conviction que je devais retourner au Canada. Bien que la pensée de quitter le seul emploi dont j’avais jamais senti que je voulais l’occuper pour le restant de mes jours était dure, et que j’avais un sentiment d’incertitude en regard du futur, j’informai ma famille et mon patron que je voulais retourner au Canada, ne perdant aucun temps.

J’étais un peu nerveuse alors que je me préparais à aller à Harvest Haven pour la quatrième fois. En lumière de ma dernière visite, il semblerait que je ne voudrais jamais y retourner, mais je sentais que si je n’y allais pas, je perdrais la quelconque vie qui restait en moi, devenant l’un des morts-vivants. Cette conviction m’était donnée par Dieu. Cette fois-ci, cependant, je n’y allais pas dans le but d’épouser Mark, mais plutôt dans l’espoir que, au travers des gens de Harvest Haven, j’entendrais la Vérité, serais corrigée, me repentirais et deviendrais une croyante de la Vérité. Je n’avais désormais plus la pression de devoir être correcte. Je savais que cette visite était différente.

Lorsque je suis arrivée à la ferme, la maman de Mark me dit : « Bienvenue à la maison. » Je sentis dans mon esprit que j’étais finalement de retour au lieu de naissance de mon cœur, où il pourrait être en paix. Durant les trois années où j’avais été de retour au Japon, j’avais ressenti la mort dans mon cœur et mon esprit. Au travers de nombreux échecs, j’avais renoncé à moi-même et recherchais Dieu maintenant. Cette fois-ci, les choses étaient différentes. Alors que, peu importe combien j’avais tenté de me changer la dernière fois, je ne le pouvais pas, cette fois-ci, le Seigneur me changea tout simplement, sans mes efforts. Si quelqu’un recherche vraiment Dieu avec tout son cœur, Dieu le ou la délivrera sûrement, en Son temps. Je dis cela en en ayant clairement fait l’expérience moi-même.

En octobre 2005, Dieu m’accorda Son Saint Esprit. Bien que je ne sentais pas que ma foi était à un niveau où je pouvais faire une telle demande, je ne pouvais pas éteindre le feu qui brûlait en moi, désirant de vouloir vivre en Dieu et avoir Dieu vivre en moi. Je priai pour que le Seigneur tue l’ancien moi.

Un jour, je fus poussée à demander à Victor de prier pour que je reçoive le Saint Esprit.  En fait, plus tôt ce matin là, j’avais prié pour que Dieu m’accorde le courage de demander à Victor pour qu’il prie pour que je reçoive le Saint Esprit.  Plus tard dans la journée, je vis que Victor était seul dans le bureau et sentis comme si une force me poussais à aller lui demander pour qu’il prie.

Lorsque je le fis, il me demanda s’il y avait quoi que ce soit que je devais confesser. C’était le cas. Je confessai mes nombreux péchés incluant des relations avec les hommes, avoir un cœur rebelle, la jalousie et bien plus, et me repentis. Finalement, Victor appela Mark et ils m’imposèrent les mains et prièrent pour que je reçoive l’Esprit, et je Le reçus.  Je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer.

Je n’ai pas demandé à recevoir l’Esprit dans le but de devenir une personne juste ou bonne.  C’était une demande basée sur la réalisation de combien j’avais besoin d’aide ; je priai pour qu’il me soit donné de croire en Dieu, et je demandai qu’Il me rende juste.  Que je ne sois pas contrôlée par les façons de faire du monde mais que je recherche plutôt à obéir au cœur de Dieu et que je vive en cela.  Je voulais être vraiment capable d’être reconnaissante pour le bon et le mauvais, le facile et le difficile.

Quand je regarde en arrière, je peux dire avec certitude que ma vie entière s’est déroulée selon le plan de Dieu et a entièrement concouru à mon bien. Rencontrer Mark, me séparer de Mark, être à nouveau rassemblés, ma vie au Canada. Le travail, l’amour, mes nombreux péchés. Toutes choses, si petites soient-elles, ont été selon le dessein de Dieu.

Bien avant que je ne vienne au Canada, j’avais vaguement réalisé qu’il n’y avait pas de coïncidences dans les choses qui se passent dans le monde et ressentais qu’il y avait une puissance plus grande que moi à l’œuvre contrôlant tout, mais je ne pensais pas que c’était selon l’existence de Dieu. Lorsque je devins une croyante en Dieu, je réalisai que dans toutes ces choses il y avait une réponse claire. De telles réponses certaines ou constantes n’existent pas avec les hommes. Les hommes ont des opinions, mais la Vérité leur manque à moins qu’elle ne leur soit donnée par Dieu. J’en ai été le témoin de nombreuses fois.

En mars 2006, Mark et moi nous sommes mariés. Finalement, notre mariage n’était pas issu de nos propres désirs, mais était selon la volonté de Dieu et en Son temps choisi. Alors que j’étais remplie de bonheur dans l’abondante bénédiction de pouvoir épouser Mark que j’aimais, je vivais aussi une bataille car cela voulait aussi dire que je devais abandonner le fait de vivre au Japon.

J’aimais vraiment le Japon, ma famille, la langue, les coutumes et traditions et ne voulais pas m’en séparer. Ma bataille était une évidente preuve que le Japon était un dieu pour moi. Le Seigneur nous commande de ne pas avoir d’autres dieux en dehors de Lui. (Exode 20, 3.)

Cela me mena à me repentir et à en être libérée aussi.

Ici à Harvest Haven, à travers Dieu, j’ai finalement trouvé la vraie satisfaction et la liberté que j’avais recherchées depuis que j’étais née. Je crois que la chose la plus importante qui soit est la foi. La chose que je veux est plus de foi. Dieu nous montre de nombreuses choses tous les jours et accorde des réponses. Cela n’a rien à voir avec la culture ou les opinions, peu importe ce que tout le monde en dit; aussi sûr que le soleil se lève dans le ciel, Dieu existe. Je déclare ici que le Seigneur Jésus-Christ est l’unique et seul Dieu et je Le remercie d’être mon Sauveur.

Mariko (Shinji) Benson

Lethbridge, Alberta, Canada

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Traduit en français par Ingrid Benson
Translated into French by Ingrid Benson

 

Webmistress and Editor: Sara Schmidt   

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