Je suis née en Belgique en 1974, l’aînée d’une
famille catholique de 3 enfants. Durant les premières années
de mon enfance, notre implication dans l’Eglise se limita à aller
assez régulièrement à la messe le dimanche matin. Lorsque
j’eus environ 10 ans, ma maman commença à enseigner le
catéchisme et à être plus impliquée dans la vie
de la paroisse ; je me mis à l’aider une fois mes trois années
de catéchisme terminées.
Les adolescents ont une tendance à croire qu’ils savent tout
mieux que tout le monde, mais dans mon cas, il s’agissait d’une
extrême autosuffisance. Mademoiselle-je-sais-tout dans toute sa splendeur.
Mon jeune frère avait l’habitude de dire : « Règle
numéro 1 : Ingrid a toujours raison ; règle numéro 2
: S’il arrivait qu’Ingrid ait tort, reportez-vous à la
règle numéro 1. » J’étais très fière
de qui j’étais, de mon éducation et considérais
mes parents et tout le monde comme inférieurs à moi.
Lors de ma première année à l’université,
je fis la rencontre de Pascal, mon futur mari. Pascal était 7 ans
plus âgé que moi et j’étais en admiration devant
ses raisonnements philosophiques. Nous avons commencé à nous
voir de plus en plus souvent et les choses s’accélérèrent.
Quelques semaines seulement après nous être rencontrés,
nous parlions de fiançailles et de mariage l’année suivante.
A raison, étant donné mon jeune âge et mon inexpérience
ainsi que la relative instabilité de Pascal qui, à 26 ans,
ne savait pas bien ce qu’il voulait faire de sa vie, mes parents tentèrent
d’un peu ralentir les choses et de nous raisonner. Le moins que l’on
puisse dire est que Pascal et moi n’étions pas prêts à accepter
leurs conseils. Très vite, la situation et l’entente entre mes
parents et moi dégénérèrent. Pascal était,
pour autant que je me souvienne, plus raisonnable que moi dans toute cette
affaire. Un jour, après une dispute particulièrement violente
entre mes parents et moi, ma maman me dit que si la situation ne me plaisait
pas et si je refusais de leur obéir, je pouvais faire mes valises.
Ce que je fis, dans mon entêtement. A cette occasion-là, mes
parents dirent une chose qui me parut hors du temps : « Tu es notre
fille et nous te donnons à qui nous semble bon. » Je l’ignorais
encore, mais ces mots-là venaient de Dieu et étaient conformes à Sa
Parole.
« Néanmoins celui qui tient ferme dans son cœur, n’étant
pas contraint, mais qui est maître de sa volonté, et qui a décidé en
son cœur de garder sa vierge, fait bien. Ainsi donc celui qui marie
sa fille, fait bien ; mais celui qui ne la marie pas, fait mieux. »
(1
Corinthiens 7, 37-38.)
Et :
« Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur,
car cela est juste. Honore ton père et ta mère, c’est
le premier commandement accompagné d’une promesse, afin que
tu aies bonheur et longue vie sur terre. » (Ephésiens 6, 1-3.)
J’allai donc vivre avec Pascal qui, en ce temps-là, travaillait
et pourvoyait confortablement à ses besoins. A partir du moment où nous
avons commencé à vivre ensemble, les choses tournèrent
doucement au noir. Nous avions enfreint les lois de Dieu et allions en souffrir
les conséquences. Mes parents firent opposition à notre mariage
et nous traînèrent en justice par deux fois, sous prétexte
que Pascal m’avait embrigadée dans une secte. Notre situation
financière se détériora à un point que nous étions
criblés de dettes et dûmes aller habiter avec mes beaux-parents
pour limiter les dépenses. Pascal commença à souffrir
d’une dépression qui ne le quitta plus. Deux ans plus tard,
ma première grossesse dégénéra en un cancer (J’avais
22 ans à l’époque et selon les statistiques, la probabilité pour
moi d’avoir ce genre de cancer à cet âge-là était
de zéro). Pascal ne trouvait pas son accomplissement dans notre mariage
et le recherchait dans l’usage de la pornographie. Il fonda une société de
courtage en assurance avec un collègue qui profita de lui financièrement
et l’entraîna chez les prostituées. La colère de
Dieu reposait sur nous.
En même temps que Dieu nous faisait passer au travers de toutes ces
choses pour nous apprendre ce qui arrive lorsque l’on vit indépen- damment
de Lui et donc en opposition à Lui, Il pourvoyait aussi à nos
besoins. Ainsi, Il fournit à Pascal des emplois dont le salaire permit
que je reprenne des études et de rembourser nos dettes peu à peu.
Il permit que nous trouvions un docteur qui m’a guérie de mon
cancer.
En 1998, nous avons décidé de nous marier à l’église
et Pascal suggéra que nous renouions les contacts avec mes parents
pour cette occasion. J’écrivis donc une lettre à mes
parents, leur disant que je venais tout juste d’avoir un cancer, que
le temps était court, les blâmant du fait que les ponts étaient
rompus entre nous. A la suite de cette lettre, le contact fut renoué et
nous les avons invités à notre mariage auquel ils prirent part.
Peu après, je fus enceinte et donnai naissance à des jumelles.
Dieu restituait par cette double naissance l’enfant que nous avions
perdu à cause de notre désobéissance.
Bien que nous avions maintenant une relation avec mes parents, il y avait
toujours une tension latente entre eux et Pascal et bien souvent je me sentais
prise entre le marteau et l’enclume.
Dès 1993, Pascal et moi avions voulu immigrer au Canada. Nos dettes
et la naissance des enfants ralentirent notre projet, mais finalement nous
avons quitté la Belgique pour nous établir au Canada en mars
2000.
Pascal reprit des études de comptable à l’université de
Lethbridge tandis que je restais à la maison pour m’occuper
des enfants. Dans notre recherche d’alimentation biologique, nous avons
trouvé une ferme biologique dans les environs : Harvest Haven Market
Farm. Pascal y travailla occasionnellement. Alors qu’il y travaillait
en compagnie de Mark Benson, Pascal s’ouvrit à lui à propos
de tous les problèmes que nous avions, tant financiers que familiaux.
C’est alors que Mark suggéra que Pascal rencontre Victor. Après
leur rencontre, Dieu montra à Victor que les problèmes que
nous avions eus et que nous avions étaient les conséquences
de mon départ du domicile parental et du fait que Pascal m’avait
alors acceptée sous son toit. Tout d’abord, j’eus beaucoup
de mal à accepter cette idée que je trouvais très ridicule.
Je ne cessais de dire à Victor combien mes parents avaient eu tort
dans tout ce qu’ils avaient fait contre nous. Je poursuivis ainsi jusqu’à ce
que Mark ne me dise : « Il se peut bien que tes parents aient fait
tout cela, mais ce dont nous nous occupons ici est ce que tu as fait de mal. » C’est à ce
moment-là que le Seigneur commença à m’ouvrir
les yeux. Nous devions nous repentir et réparer le mal que nous avions
fait et présenter nos excuses à mes parents. Ils allaient bientôt
venir nous rendre visite et nous voulions saisir cette occasion pour le faire.
La visite fut très tendue, et finalement, nous ne nous sommes pas
excusés auprès d’eux comme nous aurions dû.
Comme nous faisions part à Victor de notre frustration à l’égard
de mes parents, il s’enquit de savoir comment mes parents avaient pris
nos excuses. Nous lui répondîmes que nous ne nous étions
pas encore excusés, étant donné tout ce qui s’était
passé durant leur visite. Victor nous dit alors que lorsque le Seigneur
requiert quelque chose, il faut le faire sans tarder. Nous avons donc écrit
une lettre d’excuses à mes parents.
Depuis que nous étions au Canada, Pascal ressentait le besoin d’avoir
une vie spirituelle plus active et nous avons rejoint l’Eglise libre
évangélique de Lethbridge. Nous eûmes aussi quelques conversations
d’ordre spirituel avec Victor, mais je dois dire qu’en ce temps-là,
plus que Pascal, je trouvais ses idées, dont je sus plus tard qu’elles étaient
la vérité, assez dérangeantes et mes propres convictions
plus confortables.
Un jour, Victor et Paul nous rendirent une visite et Victor nous offrit
de pourvoir gratuitement à nos besoins alimentaires si nous n’avions
pas assez d’argent pour nous nourrir une fois que les factures étaient
payées. Je me rappelle avoir été remplie de reconnaissance
pour cette offre, parce que j’avais maintenant une assurance que mes
enfants n’auraient pas faim si les choses ne tournaient pas bien pour
nous.
Lors de cette visite, Victor cita les versets des Ecritures suivants :
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que Moi n'est
pas digne de Moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que Moi n'est
pas digne de Moi ; celui qui ne prend pas sa croix, et ne Me suit pas, n'est
pas digne de Moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra
sa vie à cause de Moi la retrouvera. » (Matthieu 10, 37-39.)
De façon étrange, et sans que je ne sache vraiment pourquoi,
mon cœur se serra et je fus déchirée à l’entente
de ces mots. Dans les jours qui suivirent, je voulus montrer ma reconnaissance à Victor
pour son offre et décidai de traduire ses écrits en français.
A la suite de diverses conversations que nous eûmes avec Victor par
la suite, nous fûmes convaincus du fait que certaines choses que nous
pratiquions étaient contraires à Dieu, et nous avons arrêté de
les faire : porter un pendentif en forme de croix, célébrer
Noël et Pâques, baptiser les nouveau-nés, manger du porc
et des crustacés. J’étais à nouveau enceinte et
notre décision de ne pas faire baptiser l’enfant que je portais
déplut tout particulièrement à maman, en dépit
des versets de la Bible qui montrent clairement que la pratique est anti-scripturale.
Pascal et moi avions aussi commencé à lire la Bible quotidiennement,
partageant certains versets et les discutant.
Dans sa recherche spirituelle, Pascal avait commencé à lire
un livre : « Ce combat n’est pas le tien… mais le mien » par
Paulette Boudet. Dans ce livre, Paulette Boudet relate son expérience
de la religion et elle décrit en particulier des réunions charismatiques
durant lesquelles, après imposition des mains, des gens entrent dans
un état de transe ou de prostration après avoir soi-disant
reçu l’Esprit Saint. Pascal me donna le livre à lire
et mon instinct me dit que ce qui y était décrit n’était
pas bon. Paulette Boudet prétend aussi que depuis que les mains lui
ont été imposées, elle a une relation avec Dieu. Pascal
fut séduit par cette idée qui ne prenait pas en compte les
pas réels et nécessaires qui mènent à une relation
avec Dieu, des pas auxquels il ne voulait pas faire face.
Le 23 décembre 2000, sans vouloir m’en donner la raison, Pascal
me dit qu’il voulait aller à la ferme. Etant donné que
le samedi était pour eux le jour de repos je lui suggérai de
les appeler pour savoir s’il serait le bienvenu, ce qu’il refusa
de faire.
Cet après-midi-là, un bon moment après le départ
de Pascal, j’eus un terrible mal d’estomac causé par la
grossesse et je dus appeler Pascal pour qu’il revienne s’occuper
des enfants. Alors que je vomissais de la bile mêlée de sang,
j’implorai Dieu pour qu’Il fasse en sorte que cela ne m’arrive
plus.
A son retour, Pascal semblait fâché par quelque chose. Il était
allé à la ferme pour que les mains lui soient imposées
comme Paulette Boudet le décrit dans son livre. Personne ne fut libre
de lui imposer les mains, Dieu leur ayant montré que Pascal devait
tout d’abord se repentir de plusieurs choses dans sa vie. Je lui dis
qu’il ne pouvait pas forcer Victor ou quiconque à prier pour
lui. Pascal était toujours fâché, et plus tard ce jour-là,
il descendit dans son bureau et décida de prier tout seul pour recevoir
le Saint-Esprit. A la fin de sa prière, il remonta au salon et il
eut son premier malaise cardiaque dans les escaliers. Lors de ces malaises,
son cœur s’arrêtait de battre durant plusieurs secondes
et il décrivait qu’il se sentait poussé vers le sol.
Je fus le témoin de plusieurs de ces épisodes et vis ce qu’il
décrivait se passer sous mes yeux.
A partir de ce moment-là, les choses commencèrent à vraiment
se dégrader pour nous : non seulement la santé de Pascal, mais
aussi ce qui nous entourait. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples :
Pascal tomba en panne en plein hiver (-30C°) à 6 heures du matin,
sur une route peu fréquentée. Personne ne voulait s’arrêter
pour l’aider. Dans une froidure pareille, sans équipement pour
se tenir au chaud, une telle situation peut aisément avoir de sérieuses
conséquences. Plusieurs de nos appareils ménagers tombèrent
en panne, ce qui causa des réparations que notre budget déjà serré ne
permettait pas. Les jumelles tombèrent malades, nécessitant
l’usage d’antibiotiques, Pascal attrapa une infection dans les
yeux, etc, etc.
Le tempérament de Pascal changea lui aussi. Il se durcit à l’encontre
de Victor, disant qu’il faisait ses courses le samedi et que si Victor
décidait de fermer son magasin le samedi pour observer le Sabbat,
c’était son problème, mais que lui n’allait pas
changer ses habitudes pour cela. Il ridiculisait ainsi l’offre que
Victor nous avait faite de ne pas nous faire payer pour nos dépenses
alimentaires s’il ne nous restait pas assez d’argent après
avoir payé nos factures. Je me rappelle me trouver dans un grand magasin
et me sentir terriblement coupable, car le fait de faire nos achats là était
comme de piétiner une offre qui était une provision de Dieu.
Pascal revint aussi sur la décision que nous avions prise de ne pas
célébrer Noël cette année-là.
Durant cette période-là, Pascal et moi eûmes plusieurs
conversations à propos du livre de Paulette Boudet et du fait qu’il
avait soi-disant reçu le Saint-Esprit. Lors de l’une d’entre
elles, il tenta de me convaincre de faire de même. Quelque chose en
moi y était fortement opposé et je refusai. Je vois aujourd’hui
que Dieu me protégeait.
Nous allions toujours à l’Eglise libre évangélique et
un jour que nous revenions du service, Pascal décida que, étant
donné la générosité dont Victor et les gens de
la ferme avaient fait montre à notre égard, peut-être
leur devait-il une explication. Nous nous arrêtâmes donc à la
ferme et Pascal y trouva Lois et Victor. Lois commenta sur le fait qu’il était
sur son 31 et Pascal lui expliqua que nous revenions de l’église.
Elle lui répondit que suivre Dieu ne consistait pas à aller à l’église.
Pascal dit alors à Victor qu’il voulait lui partager ce qui
lui était arrivé et Victor décida de venir chez nous
cet après-midi-là. Alors que Pascal, puis Victor, quittait
la maison, le Seigneur donna à Lois les mots suivants concernant Pascal
: « Le temps est court. », mots qu’elle répéta à Victor.
Pascal voulait profiter de la sieste des enfants pour se préparer
pour la visite de Victor et se plonger dans les Ecritures. Les petites refusèrent
de dormir et très vite, Pascal se mit en colère contre elles,
agissant de façon irrationnelle et désarçonnante. Je
lui dis alors que si le fait de recevoir l’Esprit de Dieu avait de
telles conséquences sur son comportement, que je ne voudrais jamais
que cela m’arrive.
Victor et Mark arrivèrent et Pascal commença par expliquer
ce qu’il pensait du fait que Victor avait refusé de prier pour
qu’il reçoive l’Esprit et qu’il avait décidé de
prier tout seul pour Le recevoir. Victor dit à Pascal qu’il
ne croyait pas qu’il avait reçu l’Esprit, mais il ajouta
que nous devrions prier pour demander à Dieu de juger l’affaire
et de révéler ce qui s’était passé. Durant
la prière, Dieu dit à Victor que Pascal n’avait pas reçu
l’Esprit Saint, mais un mauvais esprit, parce que Pascal, au lieu de
se conformer à ce que Dieu avait dit, ce qui l’aurait mené à la
repentance, avait décidé de faire les choses à sa façon.
Avant qu’il ne nous fasse part de cela, Victor se tourna vers moi
et dit : « Ingrid, je suis désolé. ». Victor et
Mark tentèrent de mettre Pascal en garde, lui disant que s’il
ne se repentait pas, les choses n’allaient pas bien tourner pour nous.
Ils n’étaient pas au courant de tout ce qui allait mal depuis
que Pascal avait prié, mais je l’étais et ce que Dieu
venait de nous montrer expliquait beaucoup de choses. Après le départ
de Victor, Pascal était perturbé. Il avait les larmes aux yeux
et me demanda ce que je pensais. J’ai toujours eu du mal à exprimer
honnêtement ce que je pense. Dans cette situation-là, cependant,
il me fut donné de faire taire la peur que j’avais au ventre
de me « mouiller » et je dis à Pascal que je croyais qu’il
devrait considérer très attentivement ce qui venait de lui être
dit. Pascal se mit très en colère contre moi, me disant que,
en tant que son épouse, je devrais le soutenir dans toute cette affaire
et ne pas prendre le parti de Victor contre lui. Bien entendu, je ne voyais
pas les choses ainsi et n’avais fait que de lui faire part de ce que,
du fond du cœur, je savais être vrai.
Les malaises de Pascal ne s’améliorèrent pas et il
se plaignait maintenant de les avoir presque tous les jours. Les docteurs
le mirent sous moniteur durant 24 heures pour surveiller les battements
du cœur et tenter de diagnostiquer ce dont il souffrait. L’appareil
enregistra bien le problème qu’il décrivait, mais ils
ne purent en déterminer la cause.
Le lundi 12 février 2001, Pascal se leva à 6 heures du matin
pour partir pour la semaine et peu après, j’entendis un bruit
que je croyais venir du dehors et qui était semblable à un
très fort et étrange ronflement. Dans un demi-sommeil, j’attribuai
ce bruit à un animal sauvage. Inquiète, j’allai trouver
Pascal car je voulais qu’il aille voir ce qui se passait avant de partir.
Lorsque j’entrai dans la salle de bains, je le trouvai affalé sur
la baignoire et me rendis compte que c’était de lui que le bruit
sortait. J’appelai les secours dans un état de panique totale.
A mon arrivée à l’hôpital, j’avais toujours
l’espoir qu’ils avaient réussi à ramener Pascal à la
vie, mais c’est cependant la nouvelle de sa mort qui m’attendait.
J’étais dans un état de choc complet et avais du mal à croire
ce qui venait de se passer. J’aurais voulu pouvoir me réveiller
comme d’un mauvais rêve. En plus du choc de la perte de mon mari,
je devais aussi faire face aux conséquences pratiques de son décès.
J’étais seule dans un pays étranger, ne parlant pas très
bien l’anglais, avec deux enfants en bas âge, enceinte de 7 mois
et sans argent ni revenus. Je n’avais même pas le premier centime
pour payer des funérailles.
A mon retour de l’hôpital, j’appelai nos familles pour
leur faire part de la nouvelle. Il fut décidé que les parents
de Pascal allaient avancer leur arrivée pour pouvoir assister aux
funérailles. Fabienne, la sœur de Pascal, les accompagna. Je
suis allée habiter avec des amis pour quelques jours en attendant
leur arrivée. Ces amis étaient Mormons et ils tentèrent
de me faire rejoindre leur église ; ils invitèrent même
un de leurs ministres pour qu’il m’impose les mains, ce que je
refusai, comme le Seigneur me protégeait.
La première nuit, je ne pus pas dormir, et, encore sous l’influence
de la littérature ésotérique dans laquelle j’avais
eu l’habitude de me plonger, je m’attendais presque à voir
Pascal m’apparaître dans les étoiles pour me guider. Le
jour suivant, quelque chose me poussa irrésistiblement à appeler
Victor. Je devais leur annoncer le décès de Pascal et voulais
lui poser quelques questions à propos de ce qu’il nous avait
dit durant notre dernière rencontre. Quelque chose en moi savait qu’il
pourrait m’apporter les réponses concernant ce qui venait de
se passer.
Au début de la conversation, Victor était un rien réticent,
me demandant pourquoi je les appelais. Après tout, je n’avais
pas non plus été en contact avec lui. Je lui demandai pourquoi
Pascal était décédé, si c’était
parce qu’il avait reçu un mauvais esprit, si c’était
une réalisation de ce que le Seigneur avait dit lorsqu’Il avait
dit que les choses iraient mal si Pascal ne se repentait pas. Victor répondit
que oui. A ce moment-là, je me rendis compte de la gravité de
la situation. Je réalisai que Dieu était réel, qu’on
ne pouvait pas croire en Lui à notre convenance ou croire ce qui nous
plaisait. Je dois dire que j’avais peur et que pour de longs mois,
je m’attendais à subir le même sort que Pascal. Je vivais
avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
C’était de ma part un affreux et complet déni de la nature
juste et miséricordieuse de Dieu, un reste d’influence de mon éducation
catholique.
Le corps de Pascal avait été envoyé à Calgary
pour être autopsié. Le rapport du médecin examinateur
revint disant que Pascal était mort d’une arythmie cardiaque
d’origine indéterminée. Les différents tests que
les médecins avaient effectués après sa mort montraient
que, physiquement parlant, son cœur était en parfait état
de marche. Le médecin de famille alla même jusqu’à me
dire que la cause du décès de Pascal était spirituelle
et non physique.
J’ai fait mention plus haut de la situation difficile dans laquelle
le décès de Pascal m’avait mise. Dieu pourvut à mes
besoins dans les moindres détails, sans que j’aie à faire
quoi que ce soit. Il poussa les gens à la générosité à mon égard
et ils firent des dons sur un compte qu’ils avaient ouvert en mon nom.
Très vite, j’eus suffisamment d’argent à ma disposition
pour vivre, et même rembourser nos dettes. Le gouvernement prit les
dépenses des funérailles en charge. Un mois avant de mourir,
Pascal avait mis tous ses papiers en ordre et avait organisé un classeur
dans lequel il avait rangé tout ce dont j’aurais besoin si quelque
chose lui arrivait. Une amie qui s’y connaissait en affaires me conseilla
et m’accompagna dans toutes les démarches. De toutes parts,
les gens venaient me rendre visite et m’apportaient des repas tout
préparés.
Les parents de Pascal arrivèrent deux ou trois jours plus tard pour
les funérailles. Tous les gens autour de moi étaient dans le
chagrin, mais pas moi, pour plusieurs raisons. La première était
que je savais pourquoi Pascal était mort et, par peur, je ne me sentais
pas libre de pleurer quelqu’un que le Seigneur avait frappé de
la sorte. La deuxième était à cause d’une très
grande fierté et d’un sentiment de supériorité,
comme si le fait de croire me plaçait dans une caste supérieure.
Troisièmement, je crois que le Seigneur me donnait aussi la force
dont j’avais besoin pour régler toutes les affaires et une certaine
sérénité pour continuer à m’occuper des
enfants. Quatrièmement, j’avais de l’amertume à propos
de notre mariage et c’était comme si la mort de Pascal me donnait
raison, du moins en partie. Durant nos années de mariage, il avait
voulu me faire croire que certaines des choses qu’il commettait ou
me demandait de faire étaient normales et que j’étais
celle qui avais un problème, pas lui. Ces choses faisaient partie
de ce que Pascal aurait dû confesser s’il avait obéi à Dieu.
C’est dans cet état-là que les parents de Pascal me
trouvèrent à leur arrivée alors qu’ils s’attendaient à me
voir effondrée. Je me rends aussi compte aujourd’hui du manque
de compassion dont j’ai fait preuve à leur égard. Je
me sentais supérieure à eux et les jugeais inférieurs
d’avoir du chagrin. Je n’avais pas encore réalisé que
Dieu m’avait fait grâce et m’attribuais indûment
des mérites, croyant en quelque sorte que cela me revenait.
Très peu de temps après les funérailles, le Seigneur
me donna un rêve dans lequel Il m’appelait à la repentance, à moins
que les enfants et moi ne subissions le même sort que Pascal. J’appelai
Victor qui me demanda si je croyais que le rêve venait de Dieu ou de
Satan. Je dis que je ne savais pas. Victor me dit que le rêve venait
de Dieu, car Satan n’appelle pas à la repentance. Victor me
dit que je devais me tourner vers Dieu et Lui demander de me montrer ce que
je devais savoir ; il n’y avait rien qu’il puisse faire pour
moi. Je priai donc. Tout d’abord, rien ne se passa et je commençai à être
assez inquiète. Je suppliai alors le Seigneur et Il répondit
en me montrant en quoi j’étais coupable d’avoir enfreint
tous les 10 commandements. Des dizaines d’événements
de mon passé défilèrent devant mes yeux, et je vis comment
dans toutes ces situations j’avais été une menteuse,
voleuse, trompeuse, traîtresse, meurtrière, masturbatrice. Je
réalisai comment j’avais fait preuve de lâcheté,
de subtile tromperie, de désobéissance, de perversité,
combien j’avais été fière, hautaine, irrespectueuse,
pour ne citer que quelques exemples. Je demandai à Victor de me rendre
visite pour confesser tout ce que le Seigneur venait de me montrer. Notre
conversation dura 7 heures. La conclusion fut que je devais demander pardon
aux personnes auxquelles j’avais fait du mal et restituer là où restitution était
possible.
A la fin de la conversation, je conseillai à Fabienne de s’ouvrir à Victor à propos
du chagrin qu’elle éprouvait et des questions que le décès
de Pascal avait fait naître en elle. Je voulais pour elle la même
guérison que celle que Dieu avait commencé à me donner.
Lors de la conversation elle dit à Victor que la chose qui lui mettait
du baume sur le cœur était de savoir que Pascal était
au Paradis avec Dieu. Victor lui dit alors ce qui était réellement
arrivé à Pascal et pourquoi. Fabienne en fut très choquée
et elle en fit part à ses parents. Ils comprirent alors pourquoi mon
comportement leur avait paru si étrange.
A partir de ce moment-là, l’entente entre nous dégénéra.
Il ne leur avait pas été donné de voir ce que le Seigneur
me montrait et ils n’approuvaient pas certaines des décisions
que je prenais, les interprétant comme un désir de ma part
de faire disparaître ce qui avait appartenu à Pascal, comme
si je voulais le rayer de ma vie. Le Seigneur m’appelait et une automatique
division s’installa entre nous. Ils se mirent à prendre des
notes à mon sujet, à écouter mes conversations téléphoniques
avec Victor, à parler derrière mon dos aux gens que je connaissais,
etc. Ils ne pouvaient pas accepter la pure et simple vérité,
ils préférèrent donc se laisser convaincre du fait que
j’étais tombée sous l’emprise d’une secte.
Tout de suite après que j’aie confessé toutes les choses
dont j’ai fait mention plus haut, je me rendis compte, lors de mes
lectures de la Bible, que je la comprenais d’une façon totalement
différente. Auparavant, il y avait des passages des Ecritures avec
lesquels j’étais en désaccord, pensant qu’ils devaient être
interprétés ou modernisés, et ce n’était
désormais plus le cas. Je comprenais aussi maintenant certains passages
que j’avais trouvés obscurs auparavant, et même encore
le jour avant.
A la suite de ce que le Seigneur venait de me montrer, je fus convaincue
du fait que je devais rentrer en Belgique pour en quelque sorte restituer
ce dont j’avais privé mes parents en quittant leur domicile
en 1993. Je fus aussi convaincue du fait que je devais des excuses à certaines
personnes pour l’attitude et les actions que j’avais eues à leur égard
par le passé. Mon entourage fut surpris et dérangé par
ces démarches, car ils ne comprenaient pas ce qui m’arrivait
et c’était comme un miroir qui reflétait leur propre
culpabilité.
Un mois après la naissance de ma troisième fille, je rentrai
donc en Belgique, avec mes enfants, et tous mes meubles et m’établis
chez mes parents. Au départ, les choses ne se passèrent pas
trop mal, en partie parce que ma famille mettait mes nouvelles croyances
sur le compte du choc subi à cause du décès de Pascal.
Ils avaient l’espoir que la distance mise entre moi et les gens de
la ferme et tout spécialement Victor me permettrait de revenir à la
raison. Les relations avec ma belle-famille ne s’améliorèrent
pas, et mes parents s’en trouvaient bien. Après tout, ils avaient
récupéré leur fille, après toutes ces années.
Ils pouvaient aussi profiter de la présence de leurs petites-filles.
De mon côté, je me sentais très seule. J’éprouvais
beaucoup de joie à m’occuper des enfants et à pourvoir à leurs
besoins, mais je n’avais personne à qui je puisse parler, personne
qui croyait ce que je croyais. Je correspondais donc avec Victor et Paul
via email et les conversations que nous avions via l’Internet m’étaient
d’une grande aide et d’un grand support. Ma solitude était
due en partie au fait que je m’isolais des gens autour de moi, me sentant
toujours très supérieure à tout le monde.
Quelques mois plus tard, je pris la décision de rentrer au Canada.
Il m’était de plus en plus difficile de vivre sous le toit parental,
tant nos modes de vies et nos convictions étaient différents.
Par ailleurs, Paul et moi étions désormais plus que de simples
amis, notre relation ayant changé au fil de nos conversations. Lorsque
je fis part de ma décision à mes parents, leur réaction
ne fut pas très chaude, pour plusieurs raisons. C’était
la dernière chose qu’ils souhaitaient. Ils ne voulaient pas
me voir sous l’influence de Victor, craignaient que je n’aurais
pas assez de revenus pour vivre et ne voulaient pas voir les enfants partir
et être élevées selon mes convictions et sous l’emprise
de Victor.
Devant l’attitude menaçante de maman, et à la suite
d’une lettre de mise en garde anonyme, je décidai d’avancer
secrètement mon départ d’une semaine. Je me rendis à l’aéroport,
ayant laissé une lettre à mes parents, leur disant que j’avais
pris quelques jours de vacances avec les enfants pour faire le point. Cependant,
avant que je ne puisse embarquer pour le Canada, la police m’arrêta à l’aéroport.
J’appris par la suite que la justice belge avait confié la garde
de mes enfants à mes parents et m’interdisait de quitter le
territoire en compagnie de mes enfants. Je pris peur et me débarrassai
de tous les écrits de Victor que j’avais en ma possession et
les jetai dans les poubelles des toilettes de l’aéroport. Ce
faisant, je reniai Dieu devant les hommes, pour me protéger. Il est écrit
:
« Mais quiconque Me reniera devant les hommes, je le renierai moi
aussi devant Mon Père Qui est aux Cieux. » (Matthieu 10, 33.)
Dieu me renia donc Lui aussi.
En dépit des soins dévoués que j’avais toujours
prodigués aux enfants, je n’ai jamais réussi à en
récupérer la garde. Procès après procès,
leur garde fut confiée à mes parents et finalement conjointement à mes
parents et beaux-parents. Le Seigneur me montra que j’attachais plus
de valeur à mes enfants qu’à Lui et qu’elles étaient
mes idoles. Il fallait que Dieu soit au premier rang, même si cela
voulait dire rentrer au Canada sans elles. Après 5 mois de bataille
juridique sans merci, je retournai au Canada, sans les enfants. Ces 5 mois
furent un enfer. Je n’avais pas d’autre choix, si je voulais être
en compagnie de mes enfants, que de vivre sous le toit de mes parents. Leurs
intentions à mon égard, contrairement à leurs déclarations
devant les juges, étaient mauvaises. Ils firent preuve d’une
cruauté mentale qui aurait très facilement pu me mener à une
dépression nerveuse ou à me suicider si le Seigneur ne m’avait
pas gardée. Le Seigneur me faisait passer par toutes ces choses parce
que mon cœur et ma nature devaient être purgés. Il n’y
a rien qui ne nous arrive que nous me méritions ou dont nous n’ayons
besoin. Tout concourt à une bonne fin ; je peux vous le dire avec
une parfaite assurance.
Pendant de nombreux mois, j’espérai toujours un retour des
enfants. Et comme les mois passaient sans que cela n’arrive, une amertume
m’envahit à l’encontre de mes parents. Je ne pouvais pas
accepter que tout le mal qu’ils m’avaient fait reste impuni.
La conséquence de cette amertume fut que je commençais à souffrir
d’arthrose dans les mains et les genoux. Aucun des remèdes que
je pris n’y fit. Un jour, Victor me confronta sur le sujet et l’amertume
que j’avais nourrie fut mise à jour. Le Seigneur me donna de
m’en repentir et l’arthrose disparut en une semaine.
Quelques semaines plus tard, j’eu la conviction que je devais appeler
mes parents et beaux-parents pour leur dire que je leur pardonnais le mal
qu’ils m’avaient fait et leur demander pardon pour le mal que
je leur avais fait. Inutile de dire qu’ils ne comprirent pas ma démarche
et pour certains d’entre eux, ils ne l’acceptèrent pas.
En ce qui me concerne, cela me libéra.
Quelque mois plus tard, Dieu me fit réaliser que c’était
Lui qui avait décidé que les enfants devaient rester en Belgique
et que les circonstances auxquelles elles étaient soumises étaient
exactement ce dont elles avaient besoin pour leur salut. Il me donna d’accepter
le fait que leur salut était plus important que d’être
près de leur maman. C’est à cet instant-là que
je fus délivrée de mon idolâtrie à leur égard.
Je sus aussi que toutes ces circonstances étaient ce dont toutes les
personnes qui avaient été impliquées dans toute l’affaire
avaient besoin pour leur salut : toute ma famille et celle de Pascal, nos
amis, nos avocats, etc. Le Seigneur me montra aussi que toutes ces personnes
Lui étaient tout aussi importantes que mes enfants.
Depuis l’été 2007, je suis remariée à Trevor
Benson, après 4 ans de fiançailles. De façon constante,
j’ai méprisé Trevor pour ses faiblesses et ses fautes,
pensant que j’étais meilleure. Dieu s’est chargé de
me montrer que c’était loin d’être le cas et durant
ce processus-là, j’ai bien souvent pensé combien il serait
plus facile d’avoir les fautes pour lesquelles je méprisais
Trevor ou celles pour lesquelles j’avais jugé Pascal que d’avoir
les miennes qui sont bien plus graves.
Durant la première année de mon mariage avec Trevor, j’ai fait deux fausses-couches. Je demandais au Seigneur de m’en montrer la raison. Voici ce qu’Il me montra : la seconde fausse-couche était arrivée le 14 juillet 2008, soit 15 ans, jour pour jour, après que mes parents aient fait leur opposition publique à mon mariage avec Pascal. Cette dernière fausse-couche était aussi le septième enfant (quatre fausse-couches et trois filles) que j’avais perdu.
Les Écritures disent :
« Et si vous marchez en opposition avec Moi et que vous ne vouliez pas M'écouter, Je vous frapperai encore sept fois plus, selon vos péchés. » (Lévitique 26, 21.)
En partant de chez mes parents, je leur ai volé leur enfant (moi), et j’ai perdu sept enfants pour ma faute.
Le Seigneur me montra aussi que maintenant que le prix était payé, Il ne me ferait plus perdre, mais allait donner. Il a mis en place deux autres dates qui montrent que Sa main guide toute l’affaire et qui confirment ce qu’Il avait montré :
Le 29 juin 2002, je suis rentrée de Belgique sans les enfants après le dernier jugement. Il m’a alors été donné de remettre toute l’affaire dans les mains du Seigneur et de ne pas mettre ma confiance en la justice des hommes ou dans des avocats.
Le 29 juin 2009, soit sept ans plus tard, jour pour jour, Gabriel est né.
Qui aurait pu faire en sorte que cela arrive, excepté le Seigneur ?
Gloire à Dieu pour Sa miséricorde et Sa bonté !
Au travers de tous ces événements, le Seigneur S’est
montré à moi et a commencé une œuvre qu’Il
finira, en Son temps, conformément à Sa volonté et à Sa
justice, et non la mienne. Il m’a délivrée de certaines
de mes peurs, m’a guérie de différentes affections et
m’a fait miséricorde par Sa correction et Son encouragement.
Je suis encore bien loin de comprendre l’entièreté de
la signification des mots suivants, mais je veux dire qu’il y a une
infinie liberté dans le fait de savoir que ce qui compte est la justice
de Dieu et non la nôtre. Il n’y a aucune justice en nous et celle
que nous croyons avoir est une abomination à Ses yeux.
Ingrid Francine (Nicolay) Benson
Lethbridge, Alberta, Canada
Faisant suite à deux conversations téléphoniques, voici une lettre envoyée aux parents de Pascal en mai 2010.
Lethbridge, le 6 mai 2010
Bonjour, Papily et Grany,
Je viens à vous au Nom du Seigneur Jésus-Christ. Vous allez sans aucun doute trouver ma lettre blessante, mais les Écritures disent que :
« Les blessures d'un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d'un ennemi sont trompeurs. » (Proverbes 27:6.)
… permettez-moi donc d’être cette amie.
Lors des dernières conversations que j’ai eues avec vous, j’ai été frappée par le fait que vous n’avez aucune idée de la raison pour laquelle les choses ont tourné ainsi entre vous et mes parents. Vous semblez tous deux être surpris de la façon dont mes parents vous traitent et du fait qu’ils sont en train de vous prendre les enfants.
Pourquoi êtes-vous surpris ? Vous les aviez vus à l’œuvre pendant des années avant que Pascal et moi ne venions au Canada, et votre conclusion était que, si vous aviez le choix, vous ne fraieriez pas avec des gens cruels comme eux. Vous aviez vu ce dont ils étaient capables lorsqu’ils prétendirent - en larmes, s’il vous plaît - que ma grand-mère était sur le point de mourir et requérait ma présence à son chevet. VOUS m’y avez conduite et n’avez pas pu me ramener à la maison parce que mes parents m’avaient enfermée dans la maison de mes grands-parents dans le but de me faire un lavage de cerveau. VOUS avez alors dû aller à la BSR pour porter plainte et expliquer ce qui s’était passé.
Maintenant, en dépit de tout cela, vous dites que Pascal et moi, en nous excusant auprès de mes parents pour le tort que nous leur avions causé, avions créé une tendance que vous vouliez suivre. Cela les avait rendus suffisamment dignes de confiance pour que les enfants leur soient confiées, étant donné que vous étiez trop âgés pour vous en occuper vous-mêmes. Si c’est vrai (et pour être franche, je doute fort que ce le soit ; il s’agit juste d’une excuse que vous utilisez pour vous laver les mains de toute responsabilité), cela n’en demeure pas moins une notion folle. Le simple fait de nous excuser auprès de mes parents pour le tort que nous leur avions fait ne veut pas dire qu’ILS avaient présenté leurs excuses, s’étaient repentis et avaient changé de comportement. A moins qu’ils ne changent, je n’ai aucune raison de leur faire confiance. Je leur ai pardonné, ainsi qu’à vous, mais je ne fais confiance à aucun d’entre vous. Je vous ai tous vu mentir pour obtenir ce que vous voulez et sais que vos façons de faire n’ont pas changé.
Vous êtes fâchés parce que mes parents apprennent aux enfants à mentir et à voler. Étant donné que vous saviez que mes parents étaient des menteurs avant que vous ne demandiez que les enfants leur soient confiées, pourquoi vous attendez-vous à ce qu’ils enseignent autre chose que ce qu’ils pratiquent eux-mêmes ? De plus, s’il était acceptable que vous et mes parents mentiez dans le but de me voler mes enfants, pourquoi maintenant considérer cela comme une faute capitale lorsqu’elle est commise contre vous ?
Papily, vous avez dit à papa : « Vous êtes des menteurs et vous enseignez aux enfants à mentir. C’est méprisable, et cela va vous péter à la figure, plus vite que vous ne le pensez. » Il me semble que ce sont vos mensonges qui sont en train de vous péter à la figure pour l’instant. Vous avez menti en justice, prétendant, entre autres, que vous et mes parents vous étiez toujours bien entendus. En vérité, vous ne pouviez pas vous voir en peinture. Vous avez pu tromper les juges, mais vous ne pouvez pas tromper Dieu. Vous subissez donc maintenant les conséquences de vos mensonges. De même, vous êtes pris au piège dans la toile de vos mensonges.
Vous avez joué avec le feu et êtes en train de vous faire brûler, de même que les petites-filles que vous prétendiez vouloir protéger d’un grand mal. VOUS leur avez fait grand mal.
Voyons maintenant ce dont vous vouliez les protéger. Vous avez dit que j’étais sous la mauvaise influence de Victor et que les enfants devaient être protégées de lui, le dangereux gourou d’une secte (Il serait peut-être bon que vous lisiez Les véritables signes d’une secte, pour y découvrir qui est dans une secte). Eh bien, comparons, pour voir qui a une mauvaise influence.
En dépit de tout le mal que vous m’avez fait ainsi qu’aux enfants, et sans excuses de votre part à ce propos (jusqu’à ce jour vous n’avez toujours pas reconnu le mal que vous avez fait), je suis prête et disposée à vous parler. Si je vous écris cette lettre, c’est pour votre bien, espérant de meilleures choses pour vous, dans cette vie-ci ou dans la suivante. Au fil des ans, il vous a été possible de me contacter chaque fois que vous l’avez souhaité. Vous, Papily, êtes à ce point à l’aise que vous m’avez assurée que vous me rendriez visite s’il vous arrivait de venir au Canada pour vous rendre sur la tombe de Pascal. C’est là l’assurance que vous avez d’être le bienvenu, après tout le mal que vous m’avez fait. D’un autre côté, vous avez besoin d’une injonction de la cour pour pouvoir voir les enfants et il semble qu’elles ne désirent plus vous voir.
Sous l’influence de Victor, guidée par le Seigneur, j’ai été amenée à confesser mes péchés, à m’en repentir et à offrir restitution là où c’était possible, y compris à vous, à votre famille et à mes parents. Sous votre influence et celle de mes parents, les enfants apprennent à mentir… y compris en justice. Vous, Papily, les avez encouragées à désobéir à des instructions précises que papa leur avait données. Montrer ses fautes à papa est chose facile, mais qu’en est-il des vôtres ?
Au fil des huit dernières années, le Seigneur m’a guérie de peurs que j’avais, me libérant afin que je puisse avoir la vie, et que je l’aie en abondance. Selon vos dires (si c’est la vérité), les enfants ont grand peur de mes parents. Elles ne sont pas libres d’être spontanées à votre égard et vous constatez qu’on leur apprend à ne pas avoir leurs idées propres.
Tous mes besoins sont rencontrés, physiquement, mentalement et spirituellement. Pouvez-vous en dire autant à propos des enfants ? Je sais que vous ne le pouvez pas.
Alors, dites-moi, qui a une mauvaise influence ? Le Seigneur, au travers de Victor, ou vous ?
Selon vous, mes parents sont cruels. Eh bien, n’est-ce pas cruel de votre part, après m’avoir volé mes enfants, de me dire combien vous pensez que mes parents sont en train de les détruire ou encore où vous voudriez qu’elles aillent si mes parents ne les avaient pas ?
Vous dites que maman est malade. Cela implique qu’elle ne peut pas s’empêcher de faire le mal qu’elle fait (non que cela l’innocente). Vous commettez les mêmes choses : quelle est donc votre excuse ? Quelle était votre excuse pour avoir utilisé une personne malade pour faire votre sale boulot il y a huit ans, lorsque vous avez préféré lui confier la garde de vos petites-filles plutôt qu’à leur maman, commettant ainsi le mal à l’encontre de Dieu et de l’homme ?
Vous avez choisi de rejeter Dieu ainsi que ce qu’Il était venu vous dire au travers de Ses serviteurs. Que cela vous plaise ou non, et que vous le croyiez ou non, ce qui vous avait été dit à propos de la vie de Pascal et la raison de sa mort émanait du Seigneur et était donc la Vérité. Au lieu de le croire et de recevoir la vie, vous avez rejeté Dieu et avez choisi la mort. Vous avez préféré rester dans les ténèbres et conserver vos façons de faire, au point de sacrifier vos petites-filles en les confiant à mes parents, personnes dont vous saviez qu’elles étaient cruelles et malades.
Vous ne vous êtes pas repentis de cela, donc si vous étiez en face du même choix aujourd’hui, vous choisiriez à nouveau de confier les filles à des personnes cruelles et malades et tourneriez votre dos à Dieu, vous seriez prompts à justifier tout le mal que vous imputez à mes parents. Je ne vous juge pas ou ne vous condamne pas pour cela, parce que je sais que Seul le Seigneur peut vous donner de vous repentir et de vous tourner vers Lui. C’est quelque chose qu’il vous est impossible de faire tout seuls. Comment le sais-je ? Parce que je sais non seulement que j’en étais incapable, mais aussi que je n’étais pas désireuse de le faire. Je serais toujours dans les ténèbres, à vos côtés, s’Il ne m’avait pas fait miséricorde et ne m’en avait extirpée. Cependant, je me dois de vous dire ces choses, pour votre bien.
Papily, jusqu’à ce jour, vous dites que « Pascal était un grand croyant ». Il ne l’était pas. Un croyant n’aurait pas vécu comme Pascal a vécu et il n’aurait pas subi la mort qu’il a subie. Vous dites aussi que « vous êtes athée ». Je ne vous crois pas, et Dieu ne vous croit pas non plus. Ce n’est qu’une excuse pour faire ce qui vous plaît, et votre façon d’éviter et de refuser d’avoir à Lui rendre des comptes.
Donc en vérité, votre problème, ce ne sont pas mes parents et leurs actions ; le Seigneur les utilise pour solutionner votre problème, qui est votre indépendance à Son égard. Leurs actions montrent qui vous êtes et mettent en évidence le fait que, comme tout le monde, vous avez grand besoin d’un Sauveur, Que vous rejetez. Pour le moment, vous êtes incapables de vous en rendre compte, mais cela arrivera, conformément à ce que le Seigneur a promis :
« Car il est écrit : Je suis vivant, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant Moi, et toute langue donnera gloire à Dieu. » (Romains 14, 11.)
Ne croyez pas que ce que je dis soit dicté par l’amertume. De la même façon que quelqu’un a sacrifié sa vie pour me dire mes péchés, je vous écris pour que vous puissiez voir les choses telles qu’elles sont, et puissiez sortir des ténèbres et venir à la lumière. Vous avez tous deux vécu vos vies en croyant que vous étiez des gens plutôt bien, et avez posé sur les autres un regard très critique. Cependant, ce qui importe, c’est l’image que Dieu a de vous. Le jour où Il vous montrera ce qu’Il voit, vous serez d’accord avec Lui pour dire que c’est horrible. Vous avez du sang sur les mains et de nombreuses choses dont vous repentir.
Êtes-vous prêts à avoir des amis ou avez-vous besoin de plus de baisers de l’ennemi ainsi que la tromperie qu’ils délivrent ? Allez-vous venir à la lumière ou allez-vous choisir les ténèbres, souffrir plus de conséquences et faire davantage de mal aux autres ?
Je ne sais pas si vous avez eu l’opportunité de lire ce que j’ai récemment ajouté à mon témoignage, mais j’ai réalisé il y a quelques jours que le Seigneur a mis en place deux autres dates qui montrent de façon frappante que Sa main guide toute l’affaire :
Le 29 juin 2002, je suis rentrée de Belgique sans les enfants après le dernier jugement. Il m’a alors été donné de remettre toute l’affaire dans les mains du Seigneur et de ne pas mettre ma confiance en la justice des hommes ou dans des avocats.
Le 29 juin 2009, soit sept ans plus tard, jour pour jour, Gabriel est né.
Qui aurait pu faire en sorte que cela arrive, excepté le Seigneur ?
A Son service, pour votre bien,
Ingrid
Ingrid a aussi envoyé la lettre ci-dessus à Mary Beth Schmidt, la maman de Sara, qui avait apporté son soutien à l’action en justice des parents d’Ingrid afin que les filles d’Ingrid lui soient enlevées si Ingrid décidait de quitter la Belgique. Voici la note qu’Ingrid a envoyée à Beth :
Bonjour Madame Schmidt,
Il y a huit ans, vous avez choisi de prendre position pour mes parents et ex-beaux-parents dans leur action en justice pour me prendre mes enfants. Guidée par votre amertume d’avoir perdu votre fille au profit du Seigneur, vous avez donné votre support à mes parents et à ceux de Pascal dans leur méchanceté et leurs mensonges, et avez ajouté les vôtres aux leurs. A ma connaissance, vous croyez toujours que ce que vous et eux avez fait était bien aux yeux de Dieu.
Pour ces raisons, peut-être devriez-vous savoir comment ce à quoi vous apportez votre support se déroule. Mes parents et ceux de Pascal sont maintenant en justice les uns contre les autres et se battent à propos des enfants. La lettre ci-dessous a récemment été envoyée aux parents de Pascal. Elle leur dit pourquoi les choses se passent de cette façon-là.
Je rends gloire au Seigneur pour Sa miséricorde et Sa fidélité.
Ingrid Benson
La réponse de Beth :
Ingrid,
Je me réjouis de la nouvelle de la naissance de votre fils l’année passée.
Il semble que vous blâmiez tout le monde sauf vous-même, et cependant, vous avez quitté la Belgique sans vos enfants, permettant qu’elles vous soient prises. Quelle sorte de mère fait cela ?